 
La famille s'agrandissant (S. était enceinte à l'Altertour 2017, vous vous souvenez ?), c'est avec nos 2 garçons (19 mois et 3,5 ans) que nous sommes allés de Saint Nazaire à Chatilon sur Loire le long de la
Loire à Vélo.
Résumé de l'organisation générale :
- départ le 26 juillet 2019 depuis notre appartement à Bagnolet
(93 limitrophe Paris) en vélo + carriole jusqu'à la gare de
Montparnasse,
- arrivée à Saint Nazaire où nous passons 2 nuits, puis traversée du pont en navette,
- trajet Loire à vélo de St
Brévin à Chatillon sur Loire,
- retour en train depuis Briare
jusqu'à Paris-Bercy puis en vélo jusqu'à notre domicile le 27 août
2019,
- Total : environ 700 kilomètres sur 4 semaines (soit 25-30 km/jour).
Choix de l'itinéraire
Au départ nous pensions faire l'itinéraire dans le sens "classique" de la descente de la Loire (comme plus de 80 % des cyclistes) mais nous voulions être sûrs de voir l'océan et ne savions pas quel serait notre rythme sur 4 semaines. Nous sommes donc partis de l'océan. Dans ce sens-là, on peut aussi dire que nous avons fait une partie de
l'Eurovéloroute 6 qui va de Saint Nazaire à la Mer Noire (Roumanie).
Bien qu'avoir un but ultime clair
(arriver à la mer) aurait sans doute été motivant et encourageant, ce choix du sens
montant de la Loire a été finalement plutôt avantageux car c'est aussi
le sens du vent - qui nous poussait. Pour passer le pont de Saint Nazaire (la traversée en vélo est possible
en vélo mais déconseillée à cause du vent et de la hauteur), la navette
gratuite de Saint Nazaire à St Brévin les pins était libre dans notre sens alors qu'il fallait attendre plusieurs tours dans l'autre sens.
Guide de voyage - balisage
À l'heure des portables,
avec un itinéraire très emprunté et relativement bien balisé, on
pourrait penser qu'un guide papier n'est plus nécessaire ; pour nous,
partir en vacances était aussi s'affranchir de la (relative)
dépendance au portable, sachant que nous n'étions pas toujours en
condition d'être sûrs de pouvoir recharger les batteries. Ensuite, ne
disposant de support permettant de lire le portable en roulant,
utiliser un portable pour l'itinéraire signifierait (et
a signifié quelques fois), s'arrêter, sortir le portable du sac ou de
la poche, retrouver la page web de la carte, puis ranger et repartir, bref pas si commode à l'usage !
Nous avons donc opté pour un guide
papier, acheté dans une librairie de Saint Nazaire : "La Loire à vélo
de Nevers à l'Atlantique", Collection Grands itinéraire à vélo, édition
Chamina. Les pages se lisent horizontalement, on voit les cartes des
itinéraires découpés en trajets d'une vingtaine de kilomètres, les
descriptifs des choses "à ne pas manquer" sont succincts mais
suffisants. Parfois,
pour nos centres d'intérêts à nous (retrouver le chemin, trouver un
camping..), le portable a quelquefois été utile mais
nous n'hésitions pas à demander aux cyclistes croisés sur la route ou
aux habitants. Nous
avons observé des petits changements par rapport au guide :
parfois était indiqué un trajet unique sur une seule rive alors qu'un
itinéraire plus récent ou plus ombragé existait sur l'autre rive. Nous
avons regretté que le balisage soit uniquement centré sur la suite de
l'itinéraire et n'indique pas les centres bourgs ou les lieux de
pique-nique. Parfois l'itinéraire quitte la Loire pour faire découvrir
des
vignes (saumurois par ex.) ce qui peut sembler intéressant a priori
mais inutile pour les familles avec jeunes enfants surtout à cause du
dénivelé qui va avec. On imagine que c'était un choix sécuritaire pour
échapper à la route trop passante potentiellement dangeureuse pour les
cyclistes mais nous aurions aimé que l'itinéraire reste le plus souvent
possible au plus près de la Loire.
Matériel
La carriole utilisée en 2016 pour le voyage en Hollande avait été rendue. Nous en avons donc acheté une fin juin. Force est de constater qu'elles sont de plus en plus recherchées
: c'est bon signe mais ça voulait dire que les occasions partent vite !
Il y a beaucoup de modèles, qui se ressemblement plutôt globalement,
mais les prix des neuves vont de 100 € à 1400 € et le prix des
occasions reste élevé ! Ayant constaté lors du premier voyage avec un
seul enfant l'importance de la souplesse (à l'époque nous avions adapté
un transat bébé dans la carriole non suspendue), nous avons donc
recherché un modèle avec suspension. Les blogs des voyageurs nous ont
mis sur des pistes et finalement nous avons acheté d'occasion une
carriole Charriot XL (2 places), suspendue, à 380 € (pour info, la
marque Charriot est remplacée par Thule aujourd'hui).
Nos 2 garçons (18 mois et 3,5 ans) tenaient plutôt bien tous les 2 mais
ma compagne avait tenu à conserver les 2 sièges vélos sur son vélo pour
pouvoir varier les combinaisons = 1 enfant dormant en carriole/l'autre
sur un siège vélo, les 2 sur des sièges, les 2 en carrioles...
Cette disposition et la nécessité d'emporter suffisamment de
matériel et d'habits pour 4 semaines de voyage ont rendu indispensable
l'achat d'une paire de saccoches supplémentaires (en plus de nos 2 paires) et de deux
porte-bagages avant (un pour les saccoches, l'autre pour un cageot de
marché à l'avant de mon vélo). Comme des saccoches arrières ne sont pas
compatibles avec un siège bébé arrière, nous avions commandé une
rallonge de porte-bagage arrière sur internet mais quand l'avant-veille
du départ elle n'était toujours pas arrivée, nous avons annulé la commande et
j'ai fabriqué une rallonge en bois.
Globalement cet équipement permettait de rouler sans trop d'efforts
supplémentaires par rapport aux vélos non chargés (qui sont nos vélos
du quotidien) mais deux enfants sont quand même plus lourds q'un seul ! Seules les montées étaient plus pesantes et nous avons
fini beaucoup de côtes à pied - ce qui n'est pas vraiment un problème.
Visites et centres d'intérêt
Bien sûr ,
sur un tel itinéraire, on croise de nombreux châteaux ("de la Loire").
Nous savions dès le départ que nous ne pourrions pas/voulions pas les
visiter tous avec les enfants, nous sommes juste allés en voir deux :
le château de l'illette, près d'Azay le Rideau (qui n'est pas le
château d'Azay mais celui où Rodin et Camille Claudel se sont parfois
retrouvés), un jour de pluie, parce que nous avions vu que le prix
d'entrée permet accéder à des déguisements enfants et adultes en
princesse/chevalier : grand succès chez nos enfants !
Egalement le château de Meung sur Loire, un autre jour de pluie, car
des animations accessibles aux enfants étaient proposées : chercher les
objets intrus dans les pièces du château, tirer à l'arc guidé par un
archer en costume, frapper la monnaie, découvrir les sortes d'épées
avec des guides costumés. Et enfin, retrouver une cuisinière en costume
qui préparait des recettes du 17-18e dans l'âtre avec des ustensiles de
l'époque.
Nos vrais centres d'intérêt étaient les aires de jeux dans les squares
ou les parcs, les boulangeries, les épiceries, les glaciers (souvenir
de délicieuses pâtisseries/glace dans la rue piétonne de Gien), les
guinguettes, les ateliers d'artisanat, les expositions, les pharmacies,
les petits restos, les jardins et quelques Offices du tourisme. En quittant le festival des jardins de Chaumont sur Loire, nous sommes allés dans un camping à la ferme 4 étoiles qui nous avait été conseillé sur la route : l'entrée permettait de tenir des lapins et cochons d'Inde sur les genoux, de monter dans un tracteur, d'accéder à une piscine (boudée par les garçons),
En fait, nous quittions souvent notre lieu d'hébergement en milieu de
matinée, roulions un peu avant d'atteindre soit un site où pique-niquer
soit un village ou bien un lieu où manger. Puis arrivaient les heures
chaudes un peu tendues où nous cherchions à faire faire la sieste aux
enfants, pas toujours d'accord, (mais on ne se voyait pas trop rouler
entre 14 h et 17 h ! > d'où la recherche de lieux au frais, plus ou
moins sécurisés pour les enfants : parc ombragé, cour terrasse d'un
restaurant accueillant...). Puis nous roulions jusqu'au prochain point
d'hébergement après avoir soit pique-niqué en route soit diné dans un
petit resto car, comme pour le voyage en Hollande, nous avions fait le
choix de ne pas emporter de réchaud.
Hébergement
La tente de nos voyages p récédents (une 2-3
places légère) devenait trop petite pour nous 4, même en mettant les 2
garçons bout à bout sur un couchage. Nous avons donc acheté une vraie
tente 4 places (Quechua Quickhiker Ultralight). Elle
est légère (4,15 kg), petite pliée, on ne s'y tient pas debout mais
elle dispose d'un grand espace de vie/rangement où nous pouvions
abriter notre matériel, la nourriture, prendre le petit déjeuner ou
... changer les couches.
Nous avons principlament dormi sous la tente dans des campings ou en
bivouac. Nous avons aussi pu être hébergés en couchsurfing et en
warmshower (avec une nuit dans
une caravane dans le jardin d'une famille). Ce sont des modes
d'hébergement gratuits que nous apprécions surtout pour les rencontres
toujours un peu magiques qu'elles favorisent. Nous avons pu être aussi
hébergés
par des amis ou nos familles situés le long de la route (Azay le
Rideau, Blois, Olivet).
Quand il a plu à Saumur et à Meung sur Loire, nous sommes allés nous requinquer dans des chambres d'hôtes.
À cause de la fatigue accumulée (moins physique - nos étapes ne
dépassant pas 30 km - que les discordances de rythme avec les enfants),
nous nous sommes arrêtés 2 nuits à certains endroits notamment au sud
d'Angers dans un camping sympatique et adapté pour les enfants. Avec
le recul, peut-être que nous aurions pu prendre le temps de nous
arrêter vraiment à mi parcours par exemple 5 ou 7 jours, ou alors
prévoir de vraies vacances reposantes (sans les enfants ?) après le
parcours. C'est semble-t-il ce qu'ont fait d'autres voyageurs croisés
sur la route, surtout ceux qui faisaient les grands trajets comme nous.
Les trains
Nos expériences du train avec les vélos et la
carrioles étaient suffisamment négatives pour penser à prendre nos
précautions cette fois (notamment pour accéder aux quais ou aux
voitures). Pour le trajet aller Paris - Saint Nazaire, nous avons acheté
nos billets TGV avec 2 emplacements vélos. Nous nous
sommes présentés à la gare Montparnasse suffisamment en avance pour la
montée depuis la rue jusqu'au quai à l'étage suppérieur. Nous avons eu
la bonne surprise de trouver un ascenseur suffisant grand pour tout mon ter
en deux voyages, sans même séparer la carriole de mon vélo. Pour monter
dans le train, nous avions prévu de mettre tout le contenu
de la cariole dans des gros sacs et la plier (elle devient alors comme
une
grosse valise sans les roues). Le contrôleur nous a rappelé que les
carrioles n'étaient pas autorisées mais qu'on avait de la chance de
tomber sur lui et qu'il nous autorisait à la rentrer. L'arrêt à Saint
Nazaire n'est pas un terminus : nous n'avions que 3 min pour
descendre la carriole, les 2 vélos chargés (qui doivent passer dans un
espace en tournant à 90°) nos sacs et les 2 garçons : c'était juste !
Pendant le voyage le long de la Loire, lors des rencontres dans les
campings ou sur la route, évoquer la problématique des vélos en train
avec d'autres cyclistes, était source de connivence et
d'appartenance à la communauté des cyclistes voyageurs... Visiblement
nous ne sommes pas les seuls à être marqués par cette expérience.
Bizarrement la SNCF ne semblent pas en tenir compte pour l'instant.
Quand même : il y a près d'un million de voyageurs le long de la
Loire chaque année : bien sûr que tout le monde ne fait pas tout le
trajet ni n'accède au parcours depuis un TGV, ni ne voyage en carriole
avec des enfants, mais ça doit faire malgré tout un bon paquet de gens
pour qui la partie "train" du voyage n'est pas glorieuse, même s'il y a
certains trajets où ça fonctionne (par ex. le TER au départ d'Amiens
vers Paris : gare et train de plein pied, entrée dans la voiture sans
rien démonter). Bref encore des gros efforts à faire de ce côté-là !
Au retour, nous avons pris le billet TER à la gare de Briare sans
réservation. L'accès aux voitures est avec un gros dénivelé et
l'emplacement vélo est un petit carré où les vélos sont à suspendre
verticalement, ce qui n'est pas possible avec des vélos ayant des sièges
enfants et des saccoches. Là le contrôleur nous a même aidés à monter les
vélos dans le train, a juste demandé de laisser le passage pour la
circulation. À l'arrivée à Paris-Bercy qui est un terminus, nous avons
pu prendre le temps de les décharger et de réinstaller la carriole pour les derniers kilomètres dans Paris.
La Loire
Les paysages le long du grand fleuve
étaient souvent très beaux. Ses méandres et ses bandes sableuses (plus
nombreuses que d'habitude à cause de la sécheresse) me séduisent depuis
mes années d'études à Blois et à Tours. L'itinéraire côté ouest est
souvent proche de la Loire, parfois on ne la voit plus à cause d'une
rangée d'arbres puis on la retrouve.
Parfois il faut passer un pont pour suivre l'itinéraire ou juste pour
faire des courses si le village est de l'autre côté. Dans le saumurois,
l'itinéraire s'écarte un peu et il faut monter souvent : quand c'est
pour un village troglodytique c'est sympa, mais quand c'est pour un
détour qui ne nous semble pas justifié ni spécialement beau, on ne voit
pas trop l'intérêt. Entre Angers et Blois, là où sont les châteaux et
surtout les toits d'ardoises et les pierres blanches de tuffeau, je me
sentais en pays connu et ce voyage m'a fait découvrir combien je me
sens proche de ce fleuve, peut-être plus que je l'imaginais. Plus loin
vers Orléans on côtoie la Beauce déjà un peu différente, puis la
Sologne vers Saint Benoit sur Loire ou Sully sur Loire : les toits sont
en tuile, les maisons peut-être moins attirantes. Enfin nous avons
dépassé Gien, aux surprenantes façades côté Loire, pour aller jusqu'à
Briare avec l'arrivée le long du canal au-dessus de la Loire - et une
patisserie judicieusement placée. Le terme du voyage approchait et nous
pouvions rentrer par le train depuis cette gare. Mais quelques lignes
du guide nous ont convaincus de pousser jusqu'à Chatillon sur
Loire où se croisent la Loire et son canal latéral; là on
rentrait dans un univers encore différent, peut-être encore plus
sauvage. Il m'en reste l'envie de revenir une autre fois découvrir
cette partie entre
Gien et Nevers qui m'est la plus inconnue.
Se souvenir des belles choses
Le problème avec ce voyage pourtant effectué
sur un rythme tranquille, est que nous sommes allés dans tellement
d'endroits, avons fait tellement de choses que dès notre retour tous
ces souvenirs s'entremèlent; nous avons du mal à retrouver où nous
avons mangé ou vu ceci, était-ce avant ça ou après ceci ... ?. J'ai un
peu l'impression d'avoir papillonné, alors que chaque ville, chaque
château, chaque détour, chaque visite méritait d'y accorder plus
d'importance.
Je voudrais partager pour finir ces quelques beaux souvenirs que j'aimerais conserver (les moins bons souvenirs seront oubliés :-)
- Les belles chansons personnelles de Mathilde notre hôtesse à Saint Nazaire, qui s'accompagnait à la guitare,
- retrouver nos amis belges sur le trajet chez d'autres amis au Pellerin pas vus depuis longtemps,
- l'accueil chez d'autres amis à Azay,
- le camping de Sainte Gemmes près d'Angers,
- des pâtisseries à Gien et à Briare,
- les bivouacs, surtout celui près de Rigny, entre prairies et forêt,
- la café offert au matin par une dame qui nous avait proposé
d'installer la tente dans son jardin la veille au soir,
- les animaux sauvages : chevreuils, lapin, bébés grenouilles, des
aigrettes, des hérons et un blaireau (vu pour la première fois, mais
mort sur la route),
- une tarte aux prunes faite à plusieurs chez Madeleine à Blois,
- les mûres mûres cueillies au bord du chemin et mangées ensemble sur place,
- un ver luisant à Sully sur Loire,
- la jolie vue en ouvrant la tente le matin à Sully sur Loire (photo ci-dessous)...
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Quelques liens
Quelques photos du parcours vélo 2019
blog d'une famille le long de la Loire en vélo
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